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La sieste chez les sportifs de haut niveau

Quand être en forme devient un métier

Dans chaque routine de sportifs de haut niveau, un mot revient régulièrement : la sieste. Cela vous semble évident étant donné l'intensité et la fréquence de leurs entraînements, néanmoins les raisons de cette habitude sont bien plus nombreuses que l'on imagine : gestion du stress, vigilance, mémorisation, créativité et bien d'autres... Les dimensions abordées tout au long de cet article vous sembleront familières car elles ne font pas seulement partie du quotidien des sportifs de haut niveau mais sont bel et bien des problématiques que nous rencontrons tous au cours de notre vie active.

Pour une personne qui enchaîne les efforts physiques tous les jours, la récupération est essentielle. Mais pas n'importe quel type de récupération ; pour se ressourcer mentalement et physiquement, il faut couper le corps, et plus précisément le système nerveux, de toute stimulation sensorielle extérieure. C'est pourquoi regarder la télévision, lire ou jouer à la console n'a rien de reposant, bien au contraire car le cerveau est soumis à une activité semblable à réaliser une présentation dans le cadre du travail. L'analogie avec le milieu professionnel est facile ; les pauses que les équipes pensent s'accorder en les passant à discuter ou à regarder son smartphone, n'ont finalement rien de reposantes.

La plupart des sportifs de haut niveau on également l'habitude d'être déplacé dans le monde entier pour des compétitions diverses. Ces voyages ont un effet direct sur l'organisme qui s'épuise, car son horloge naturelle est bouleversée. La sieste devient alors un outil indispensable afin de soulager le corps de cette fatigue artificielle.

Avant chaque échéance, de nombreux sportifs choisissent de s'isoler pour se ressourcer et se concentrer. Certains choisissent la sieste afin de s'assurer une maximisation de leur performance à venir. Le simple fait de s'isoler de toute nuisance sonore et visuelle, même sans s'endormir, permet de se concentrer et donc de diminuer le stress naturellement ressenti. En effet, les hormones qui génèrent le stress sont à un niveau moins élevé chez une personne qui fait des siestes et qui cherche à se relaxer que chez quelqu’un qui préfère compenser le manque de sommeil par de la caféine ou d’autres stimulants.

20 minutes, c'est le temps idéal de cette sieste qui permet de donner un coup de boost suffisant à procurer un regain d'énergie qui peut durer jusqu'à 8h ! Un bénéfice non négligeable pour un judoka dont les tournois peuvent s'éterniser sur toute une journée.

Mais la sieste de 20 minutes n'est pas la seule appréciée des sportifs. Une autre sieste qui possède des vertus intéressantes est celle de 90 minutes, également appelée la sieste ludique. Cette dernière permet au sportif de mieux assimiler des tactiques ou des techniques apprises dans la matinée par exemple. Oui, oui vous avez bien lu. On peut apprendre en dormant ! Il est prouvé scientifiquement que 90 minutes sont nécessaires au cerveau pour incorporer des concepts fraîchement enseignés. Idéal pour un escrimeur qui vient de visualiser plusieurs heures de vidéos de son futur adversaire afin d'intégrer ses bottes favorites.

Outre le mental, la sieste permet au cerveau d'améliorer sa vigilance et donc de prévenir les crampes et certains types de blessure. Comme le témoigne François Bieuzen, médecin du sport : "ceux qui se blessaient le moins au centre de formation d’Amiens étaient ceux qui faisaient le plus attention à leur sommeil."

Depuis quelques années, certains clubs de sport ont fait le choix d'imposer la sieste à leurs équipes. Aujourd’hui, quasiment tous les pros considèrent la sieste comme une composante de leur entraînement. Et les clubs, parfaitement conscients de l’importance de la chose, arrangent les emplois du temps de leurs sportifs afin qu'ils puissent profiter des bienfaits de la sieste.  C'était le cas lorsque Rafael Benitez entraînait le Real Madrid et ce serait d'ailleurs aussi le cas au Paris Saint Germain, à l'instar de Blaise Matuidi qui confie à un journaliste : "La sieste, ça fait partie du métier".

Témoignages
 

« Ce n'est un secret pour personne, afin de faire partie des meilleurs il faut un dévouement mental et physique sans faille. Dans les sports de combat, c'est d'autant plus vrai car ces deux dimensions sont extrêmement liées. Pour les maximiser, j'ai du apprendre à gérer mon sommeil de manière très précise, que ce soit pour mieux appréhender le stress de la compétition ou pour me sentir bien dans mon corps. »

Clément Delvert, membre de l'équipe de France de judo

« Enchaînant plusieurs spectacles par semaine, voire par jour, je me dois d'être performante à chaque représentation afin de rester parmi les meilleures et surtout pour ne pas me blesser. C'est pourquoi j'ai pris l'habitude, avant chaque montée sur scène, de m'isoler un quart d'heure pour me ressourcer et parfois même dormir un peu. »

Sophie Helard, danseuse professionnelle

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