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Avons-nous vraiment besoin de huit heures de sommeil ininterrompu par nuit ?

En finir avec le mythe des 8 heures de sommeil par nuit

Notre entourage aussi bien que la presse, nous disent souvent que, pour rester en bonne santé, nous devons nous endormir rapidement et dormir pendant environ huit heures, sans quoi nous risquons des problèmes de santé physiques et psychologiques.

Certaines données suggèrent même que les personnes limitant régulièrement leurs nuits à moins de six heures de sommeil présentent un risque accru de maladie cardiovasculaire, d'obésité et de diabète. Pourtant, il est important de nuancer ces recherches : le plus grand risque pour la santé lié à la privation de sommeil provient des accidents qu'elle entraîne, comme par exemple s’endormir en conduisant.

Le besoin de sommeil varie selon les individus ; il peut aller de 12 heures chez certains à 6 heures pour d'autres, tout en étant en parfaite santé. Mais malgré la croyance dominante, le sommeil normal est loin d'être un voyage tranquille de l'inconscient. En effet, la période de sommeil se compose de cycles de 90 minutes et se réveiller entre ces cycles n'a rien de négatif. Il est d'ailleurs tout à fait normal que cela devienne plus fréquent avec l'âge.

Il est temps de mettre les choses au clair au sujet du mythe du sommeil continu et, espérons-le, d’atténuer une partie de l’anxiété liée aux réveils inattendus durant la nuit. Alors, quelles sont les alternatives au sommeil continu?

La sieste

À l'instar des mammifères et des oiseaux, les humains ont tendance à être plus actifs à l'aube et au crépuscule et moins actifs en milieu de journée. Rien de plus naturel donc, que d'intégrer une sieste à notre quota de sommeil.

Nous savons que l'utilisation de la sieste était le mode de sommeil prédominant avant que la révolution industrielle n’exige que les gens soient constamment réveillés tout au long de la journée pour servir une machine industrielle sans sommeil. C'est pourquoi la pratique de la sieste est encore commune dans les communautés rurales du monde entier, et pas seulement dans les cultures méditerranéennes ou latino-américaines.

Notre tendance à la sieste ou le déclin de la vigilance après le déjeuner se produira forcément chez ceux qui ne font jamais de siestes dans l’après-midi. Cela a moins à voir avec l'excès de nourriture à l'heure du déjeuner et plus avec nos rythmes circadiens, qui contrôlent notre horloge biologique, la production d'hormones, la température et la fonction digestive sur une période de 24 heures.

Le sommeil polyphasique

Les données historiques suggèrent également qu’un modèle de sommeil segmenté ou polyphasique était la norme avant la révolution industrielle. Ce schéma consiste en un sommeil initial d'environ quatre heures et demie (trois cycles de sommeil de 90 minutes chacun) suivi d'une à deux heures de réveil puis d'une seconde période de sommeil de trois heures supplémentaires (deux autres cycles de sommeil).

Pendant les mois d'hiver, les Européens du Nord passaient neuf ou dix heures au lit, dont deux à trois heures étaient éveillées, soit en une longue période de nuit ou en plusieurs périodes de réveil plus courtes dans la nuit. Le lit était l'endroit le moins cher pour se réchauffer et était considéré comme un lieu de repos et de sommeil. Quelques heures d'éveil n'auraient certainement pas été considérées comme anormales ou qualifiées d'insomnie.

Impossible de dormir ? Ne vous inquiêtez-pas !

De nos jours, nous nous attendons à avoir près de 100% de notre temps de nuit endormi, à nous assoupir en quelques minutes et à ne pas nous réveiller avant que l’alarme ne retentisse. Malheureusement, ce mythe a tendance à nous inquiéter s'il se trouve que nous nous réveillons au milieu de la nuit. Et cette inquiétude peut conduire progressivement au développement de l'insomnie.

Les humains peuvent dormir sur des horaires très différents, avec peu de différence dans la compétence de veille. Les chercheurs internationaux travaillant sur le sommeil ont testé plusieurs programmes de sommeil différents :

  • dormir 20 minutes par heure ; 
  • une heure de sommeil toutes les trois heures ; 
  • dix heures de sommeil toutes les 28 heures. 

Sur chacun de ces programmes, les participants survivaient facilement à tous ces horaires. Malgré leur impraticabilité dans notre monde de 24 heures, cela prouve bien qu'il n'y a pas qu'une manière de satisfaire notre besoin en sommeil, mais bien plusieurs.

La meilleure qualité de sommeil est obtenue lors de notre phase circadienne, lorsque la température corporelle et le taux métabolique sont au plus bas. Pour la plupart des gens, cela se produit tard dans la nuit. Mais tout comme les autres espèces, les humains peuvent être des dormeurs opportunistes et satisfaire leur besoin de sommeil lorsque l'occasion se présente.

Il ne fait aucun doute que le mythe du sommeil solide de huit heures est une imposition culturelle relativement récente. Et bien que cela satisfasse notre style de vie moderne, il a ses inconvénients. Certains déplorent même la perte de ces courts moments de somnolence entre les cycles, où la créativité est amplifiée.

Mais le plus grand impact négatif du mythe du sommeil de huit heures est probablement son pouvoir de créer des insomniaques, stressés à l'idée de se reveiller pendant la nuit, alors qu'il n'y a rien de plus naturel et donc normal.

Article original rédigé en Anglais par Leon Lack

Professeur de Psychologie à l'université Flinders

La Siestoune a pour mission de démocratiser la pratique de la sieste en entreprise grâce à un meuble de sieste dédié aux milieux professionnels. Vous souhaitez en savoir plus ? C'est par ici !

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